Dans la tempête d’une transformation, beaucoup d’entreprises commettent une erreur fatale : crier victoire trop tôt. Dès que les premiers indicateurs repassent au vert, la pression retombe, l’attention se relâche et l’organisation, par un réflexe de survie naturel, tend à revenir à ses anciens travers.
C’est ici que l’étape 7 de Kotter — Consolider les acquis et produire plus de changement — prend tout son sens, et c’est là que le Manager de Transition devient indispensable.
- L’assertivité contre la complaisance
Le Manager de Transition (MT) possède un atout que l’interne n’a plus à ce stade : l’objectivité radicale. Là où une direction en place pourrait vouloir « souffler », le MT reste assertif. Il sait dire, avec franchise et sans comportement refuge, que les premiers succès ne sont que des fondations, pas l’édifice terminé.
Consolider, ce n’est pas ralentir ; c’est utiliser l’élan des victoires rapides pour attaquer les racines les plus profondes des problèmes structurels.
- Savoir que l’on ne sait pas tout, mais savoir où l’on va
L’étape 7 demande une finesse pédagogique particulière. Le MT doit être capable de dire : « Je ne connais pas chaque micro-détail de vos habitudes de travail, mais je sais avec certitude que si nous n’ancrons pas ce nouveau processus maintenant, l’effort des six derniers mois sera réduit à néant. » C’est le moment où le leader doit savoir écouter le terrain pour comprendre les derniers points de friction, tout en restant inflexible sur la direction. Il s’agit de transformer la « frustration » des équipes en une énergie de finalisation.
- Eliminer la « réunionite » pour passer à l’institutionnalisation
Pour que le changement soit profond, il doit sortir des salles de réunion pour entrer dans les gestes métiers. Le MT purge l’organisation des rituels inutiles pour se concentrer sur l’essentiel :
- Renforcer la coalition : Recruter ou promouvoir ceux qui incarnent la nouvelle culture.
- Élaguer les processus : Supprimer définitivement les anciens outils qui permettent encore de contourner le nouveau système.
Conclusion : Le garant de la profondeur
Le Manager de Transition n’est pas là pour plaire, mais pour réussir. Sa mission en étape 7 est d’être le garant de la profondeur. Il prépare sa propre sortie en s’assurant que le système est devenu « auto-porteur ».
Comme le dit l’adage : on a les qualités de ses défauts. L’exigence et l’impatience du Manager de Transition, souvent perçues comme des freins au début de la mission, deviennent ses meilleures alliées en fin de parcours pour s’assurer qu’aucune régression n’est possible.
Mots-clés : #ManagementDeTransition #Kotter #Leadership #Transformation #ExcellenceOpérationnelle #AFIANCE